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L'entretien Footengo - Jean-Pierre PAPIN (FC Bassin Arcachon) : "J'avais besoin de ça..."



Sept ans après, revoilà JPP sur le banc du FC Bassin Arcachon. Des vicissitudes d'un monde pro qui ne lui a fait aucun cadeau, à Strasbourg, Lens ou Châteauroux, à l'environnement d'un club régional qui lui permet de rester au contact de sa famille, l'ancien Ballon d'Or a fait son choix. La passion toujours chevillée au corps, c'est avec sa bonhommie habituelle qu'il s'implique à 100% dans le projet de son club. (par F.D.)




En L1 comme en CFA2, la même implication...
En L1 comme en CFA2, la même implication...
Jean-Pierre, comment doit-on interpréter votre retour dans le football amateur ?
Comme un retour aux sources que je vis très très bien au contact d'un groupe très jeune qui dégage beaucoup de fraîcheur et beaucoup de volonté. A ce moment là de ma vie, j'avais besoin de ça.

Pas trop déçu de ne pas avoir pu trouver un challenge à votre mesure au niveau professionnel ?
Je suis d'autant moins déçu que, comme je n'en ai pas cherché, je ne risquais pas d'en trouver (rires) ! Dans la mesure où, comme entraîneur, je n'ai pas encore réussi à trouver du plaisir dans ce que je faisais chez les pros, je me réjouis de revenir dans le foot amateur. Je reconnais qu'il y a ce petit manque mais qui est vite comblé par le plaisir d'organiser ma vie en fonction de ma famille. D'habitude, c'est elle qui s'adapte à mes contraintes professionnelles, cette fois, c'est super de pouvoir vivre dans une si belle région dans ces conditions. Et ça l'est évidemment encore davantage pour ma petite fille malade qui vivait plus difficilement les déménagements successifs. Il y a dix-huit ans que nous sommes ici, sur le Bassin, je connais bien le coin et un club avec qui nous avions obtenu de super résultats il y a quelques années. Donc ce n'est que du bonheur.

"Ma présence rend effectivement le match un peu particulier pour certains adversaires, ça peut décupler leur motivation"

Dans quelle optique revenez-vous au FC Bassin d'Arcachon en CFA2 ?
Le challenge est différent que lors de mon premier passage où nous avions des joueurs expérimentés qui nous ont permis de monter rapidement les échelons (de DH à CFA2). Cette fois, le groupe est jeune. Nous sommes un peu le petit Poucet de cette poule avec l'ambition raisonnable du maintien. Ce sera compliqué dans une poule relevée mais en persévérant, je pense que c'est possible.

Comment gérez-vous votre notoriété ? On imagine que les équipes adverses d'appréhendent pas un match face à l'équipe de JPP comme un autre ?
Ma présence rend effectivement le match un peu particulier pour certains adversaires, ça peut décupler leur motivation. Malgré ça, nous avons les moyens de nous en sortir.

Quelle analyse faites-vous de ce début de saison (deux nuls et une victoire après trois journées) ?
Nous avons fait une très très grosse préparation, les gars se sont vraiment donnés à fond. Si le début est un peu difficile, je sais que ça va finir par payer. On a fait un bon 0-0 à Fabrègues après un très long déplacement et la découverte de la réalité du CFA2 pour la plupart de mes joueurs. Nous avons ensuite battu Balma 1-0, une équipe habituée à ce niveau, qui était en CFA il y a peu. Idem avec Anglet où nous sommes allés arracher le nul à la 94ème minute. Il y a beaucoup de positif là-dedans, avec des joueurs qui étaient en DHR l'an passé, mais il nous faut grandir encore.

"Si c'était à refaire, je ne referais pas les mêmes erreurs"

De Lens à Arcachon, de la L1 à la CFA2, avez-vous l'impression de faire le même métier lorsque vous vous asseyez sur le banc de touche ?
Oui, on fait le même métier sauf qu'on ne s'adresse pas aux mêmes personnes. Il faut savoir gérer cette problématique et s'adapter aux profils de joueurs qui ne sont pas pros. On ne peut pas être aussi exigeant. Mais lâcher du lest de temps en temps ne me pose aucun problème. Et puis il y a des joueurs amateurs qui ont une mentalité de pro dans leur investissement et leur engagement pour l'équipe. Inversement, certains pros paraissent moins investis, ou pas suffisamment.

Avez-vous tourné définitivement la page du foot pro ?
Non, mais je m'octroie une parenthèse, un petit break. Je veux prendre mon temps après m'être trop précipité. Pour le moment, j'ai fait le choix de la qualité de vie, de la famille. J'ai trouvé mon équilibre avec mon activité de consultant sur BeInSport et je parviens à concilier les deux, je bosse le dimanche et nous avons match le samedi. On s'entraîne le mardi et je monte sur Paris le lundi ou le jeudi.

Que retirez-vous de vos expériences à Strasbourg, Lens et Châteauroux ?
Il y a eu du bon et du moins bon. Il faut savoir rebondir. J'ai vécu à Strasbourg l'expérience la plus géniale, avec une montée en L1, mais aussi la plus frustrante car je n'ai pas pu aller au bout du projet sportif qu'on avait mis en place. A Lens, c'était plus compliqué et je considère ma part de responsabilité comme minime dans ce qui s'est passé (descente en L2 : ndlr). A Châteauroux, j'ai la satisfaction d'avoir assuré le maintien après être arrivé en cours de saison. Il y a des leçons à retenir, et il est clair que si c'était à refaire, je ne referai pas les mêmes erreurs.

Le FC BAS se satisferait d'un maintien en CFA2.
Le FC BAS se satisferait d'un maintien en CFA2.

"Je suis prêt à aller au bout de ce projet s'il le faut car je pense qu'avec ma famille nous finirons notre vie ici"

On ne connaît pas la nature du projet d'Arcachon mais après ce qui est arrivé à Luzenac, le rêve est-il toujours possible de se hisser le plus haut possible pour un club amateur ?
Il ne s'agit pas rêver mais de savoir jusqu'où on peut aller. C'est bien beau de monter en National ou en Ligue 2 mais il faut des budgets pour ça et à Arcachon, nous n'en aurons jamais les moyens. Si nous avons des infrastructures que pourraient nous envier certains clubs pros, financièrement, notre plafond est le CFA, peut-être le National. Pour aller au dessus, il faudrait investir dans des travaux au stade, ce qui n'est pas, à mon sens, la vocation d'une mairie. Je regrette juste dans l'affaire Luzenac que les instances de notre football aient fait croire au club qu'il pouvait monter. Je connais bien Fabien Barthez, et je suis choqué de voir que la logique sportive n'ait pas respectée parce que les bonnes décisions n'ont pas été prises au bon moment.

Pourtant, si les clubs de National l'avaient voulu, Luzenac serait aujourd'hui en National...
Mais à ce niveau la solidarité n'existe pas, c'est chacun pour sa gueule !

Pour revenir sur le projet du FC Bassin d'Arcachon, êtes-vous prêt à vous investir dans le durée pour aider le club à progresser ou votre présence sur le banc cette saison n'est-elle qu'une parenthèse ?
Le projet du club est de monter en CFA d'ici trois ou quatre ans. Cette saison, avec le maintien de la CFA2, la priorité est de faire monter la réserve pour réduire l'écart. Je suis prêt à aller au bout de ce projet s'il le faut car je pense qu'avec ma famille nous finirons notre vie ici. Le club est une réunion de trois communes avec 750 licenciés et un vrai potentiel de développement. Mais il ne faut pas vouloir aller trop vite, ni rêver trop grand. on y va tranquillement, étape par étape tout en sachant que l'aspect sportif est souvent le plus facile à gérer. L'exemple de Luzenac est là pour le démontrer...

propos recueillis par F.D.

Jean-Pierre Papin
Né le 5 novembre 1963 à Boulogne sur Mer
Parcours
Joueur : Valenciennes (1979-81), INF Vichy (1981-84), Valenciennes (1984-85), FC Bruges (1985-86), Marseille (1986-1992), Milan AC (1992-94), Bayern Munich (1994-96), Bordeaux (1996-98), Guingamp (1998-99), US Saint Pierroise (1999), Cap Ferret (2001-04)
Entraîneur : Bassin Arcachon (2004-06), RC Strasbourg (2006-07), RC Lens (2007-08), Châteauroux (2010), FC Bassin Arcachon (depuis 2014)

Pour JPP, le bonheur est dans le pré...

Depuis son passage par les Girondins de Bordeaux, entre 1996 et 1998, Jean-Pierre Papin est tombé amoureux de la région Aquitaine en particulier, du Sud-Ouest en général. Depuis l'appartement qu'il louait au centre de Bordeaux, il a pu pendant deux ans prospecter pour se trouver son petit coin de paradis en bordure du Bassin d'Arcachon, d'abord au Pyla, ensuite au Moulleau, aujourd'hui dans la ville d'hiver d'Arcachon où il réside depuis huit ans tout en ayant un pied à terre dans le Gers. Il y a trois ans, avec sa femme, il a en effet acquis un ancien presbytère abandonné sur Mauléon d'Armagnac qu'il a rénové au milieu de la campagne gersoise, louant aux touristes un chalet avec piscine à proximité...
Chasse, pêche (dans un lac qu'il a aussi acheté), promenades, vélo, cueillette de cèpes, barbecue et repas en familles ou entre amis étaient au programme de tous ses week-ends gersois avant qu'il revienne sur le banc du Bassin d'Arcachon, pendant trois ans, après avoir définitivement raccroché les crampons à Facture, en DH.

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